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Faites le détour vers ce charmant village de 57 habitants vivant au coeur de la nature.
Situé à 450 m d’altitude, à mi-distance de Strasbourg et de Nancy (75 km), Le Mont s’étire dans la vallée du Bouchard, au sortir du Col du Hantz en venant de Strasbourg, sur une voie communale parallèle à la D424.
La côte du Mont (730 m), côte gréseuse à forte pente boisée, domine ce petit village rue typiquement lorrain aux maisons massives construites en 3 travées distinctes, habitation, grange et étable, qui s’enchaînent par les pignons.
Les encadrements, en grès rose, porches, portes et fenêtres sont typiquement vosgiens. Les porches des granges sont en plein cintre afin de permettre le passage des voitures à foin.
A l’intérieur de l’habitation traditionnelle de Le Mont, le four à pain, le poêle à cloche en fonte et la cuisinière maçonnée autour de la cheminée principale.

Le Mont est entouré de vastes prairies généralement bien entretenues grâce à des troupeaux de moutons (Gérard Marchal de Le Saulcy) et à un troupeau de vaches de race vosgienne (René Marchal de Belval). Pour les amateurs de randonnées, un itinéraire fléché pour marcheurs et pratiquants de V.T.T. se consulte sur un panneau d’informations, en face de la Mairie, au bas de la route du Haut Bout. Les chemins, le sommet, la roche de la Motelotte offrent aux amateurs, des vues d’exception.


Si officiellement, les habitants de Le Mont sont nommés Montoises et Montois, les anciens se faisaient appeler « le loups du Mont ».
Les 57 habitants de Le Mont vivent sur une surface communale de 400 hectares (14 habitants/km²) dont les boisements occupent 316 hectares, essentiellement depuis une trentaine d’années, de l’épicéa. Cependant, aux abords du village, prés, jardins vivriers, potagers et vergers relativement bien ouverts, offrent des perspectives attrayantes vers les fronts villageois patrimoniaux et les monuments remarquables.
La population de Le Mont, a évolué au fil de l’histoire de l’industrialisation des Vosges et de la mécanisation de l’agriculture et de la sylviculture, mais aussi de la grande Histoire.
Les recensements successifs nous montrent cette évolution :
Années
1845
1911
11/11/18
15/01/19
2005
Nbre hab
292
193
75
170
57

En 1845, le paysage était bien différent… 105 hectares de bois, 60 de prés, 154 de terres labourables, 5 de jardins, vergers et chènevières (culture du chanvre). On comptait alors 74 ménages répartis dans 55 maisons. Il y avait alors 70 élèves dans son école communale… A titre de comparaison, en 1939, il n’y avait plus que 20 écoliers, fiers de poser pour la photo ci-dessous.

Agriculture :
Jadis, Le Mont produisait blé, avoine, sarrasin, pomme de terre et chanvre. Cette agriculture de montagne qui a perduré partiellement jusqu’en 1979, s’est éteinte avec le dernier agriculteur du village, Hubert Roll, qui possédait encore à l’heure de sa mort, un troupeau de 20 vaches. La commune, depuis, ne compte plus d’exploitant agricole ni d’éleveur y résidant.

Commerces :
Un boulanger épicier fait ses tournées itinérantes quotidiennement dans le village. C’est le dernier commerce existant, après la fermeture échelonnée des 5 cafés que comptait le village (le dernier café fermé en 1979 était celui de Marcelle Caumont, dite « la Marcelle »).
Ecole :
Le Mont a adhéré au Syndicat intercommunal des Hauts de Salm et bénéficie donc d’un regroupement pédagogique (R.P.I.).

Industries :
Les forêts encerclant le village, peuplées des hêtres, servaient jadis à confectionner du charbon de bois utilisé dans les fours et les forges de Framont près de Grandfontaine dont les hauts et bas fourneaux sont encore visibles, au pied du Donon et peut-être déjà à Saulxures et Champenay. Une partie des habitants gagnaient durement leurs vies comme bûcherons, schlitteurs, charbonniers, mais aussi comme carriers de grès sur les Hauts de Chaumes et carriers de granit sur l’Ortomont et au Puid. Les sites de carrières mentionnées existent toujours à l’heure actuelle ainsi que dans les fonds de vallée de Quieux.
Des familles de voituriers (les grumiers de l’époque), les Colins et les Lemaire sont souvent mentionnées dans les archives.
La scierie Bastien-Colin, crée en 1926 et implantée sur le Bouchard est restée une entreprise familiale jusqu’en 1987. Actionnée par la force hydraulique du ruisseau et modernisée au fil du temps, elle ferme définitivement son activité en 1995 suite à un incendie.
En aval, sur le site dit « Les Chacheux », sur la D424, dans les locaux d’un ancien tissage de coutil du 19° siècle, Henri Urbain avait aménagé entre 1938 et 1963, une fabrique de caisses. L’ensemble du bâtiment à l’architecture typique possède des canaux de dérivation des eaux du Bouchard, retenue d’eau et vannes, et offre ainsi un intérêt évident pour qui se penche sur l’histoire industrielle de notre pays.
Une troisième usine située sur l’embranchement de la D424 et de la route du Puid a été reconvertie en 1997 en graniterie. Une partie des ouvrages hydraulique est encore visible.
Un lieu de concassage de Trapp (granulats pour ballast) sur le Bouchard était alimenté en matériaux par des wagonnets depuis le lieu d’extraction.
Enfin, pour mémoire, une taillanderie employait en 1845 deux ouvriers sur le lieu-dit « Les Martinets »

Vie associative :
La société de chasse « Le Mont » (président Jean Urbain) existe depuis 1957 (G.I.C. de Salm).

Histoire et traces du passé :
Le village de Le Mont est cité au Moyen Age à deux reprises (1207 et 1302), mais son appellation officielle n’apparaît qu’en 1711. Englobé dans la Principauté de Salm, il est rattaché avec celle-ci à la France en 1793, suite à une famine provoquée par la République contre la Principauté.

Du passé nous restent de remarquables monuments témoins d’une histoire riche remontant certainement aux celtes. Ainsi, un mur en pierre sèche entoure toute la côte du Mont confirme l’intérêt qu’il y aurait à porter à l’ensemble du site. A l’extrémité est de la Motelotte (d’où, répétons-le, la vue est magnifique), un site archéologique important a été découvert après la guerre de 1939-1945, mais a été remblayé alors à la demande des autorités de l’après-guerre. …une réserve donc pour les générations à venir.

Débutons notre visite par l’église paroissiale de Saint Jean du Mont et son cimetière.
Cette église paroissiale des habitants de Le Mont, Le Saulcy et de Belval date du 12ème siècle (Bulle du Pape Calixte II, 1123), mais a vu son chœur vétuste rebâti en 1662. Elle fut qualifiée de « mère église curiale » par Dom Vivien en 1681. La tour fut élevée en 1682. Située à un kilomètre de la commune elle-même, sur les hauteurs de Saint Jean du Mont et illuminée de nuit, elle est mise en valeur par son écrin boisé.

Rejoignons le cimetière et découvrons sous sa grande croix, la tombe de Dom Jean-François Lombard, religieux bénédictin de la congrégation de Sainte Vanne et Saint Hydulphe, prêtre réfractaire décédé le 11 janvier 1815 dans sa paroisse.
Dans la première rangée à gauche de l’entrée, la tombe des descendants de Nicolas de Flue, appelé Frère Klaus ou Frère Nicolas, béatifié en 1669, canonisé en 1947 et Saint Patron de la Suisse.

La croix des Chacheux

De l’autre côté du village,au bord de la route d’accès, un calvaire de style baroque, en grès rose. Il date du 17° siècle et offre, côté Senones un Christ en croix, une tête de mort sur des ferrures croisées, une marguerite, une tête d’ange et les instruments de la Passion, échelle, tenaille, marteau, clous, et côté village, sous un Christ crucifié, une tête de mort sur des ferrures croisées, une marguerite, une tête d’ange, un coq, des clous pointes vers le haut posés sur un coussin.

Entre calvaire et église paroissiale, dans un virage, une croix reposoir en grès rose porte la date de 1769 et porte en son centre un cercle avec la mention JHS. L’autel de cette croix servait à déposer, le temps d’une halte, les cercueils sur le chemin du cimetière

En chemin, nous avons découvert quelques unes des 6 fontaines en grès rose du village. Ces fontaines étaient composées à l’origine de deux parties, le première servant exclusivement à l’alimentation des animaux de ferme, la seconde de lavoir (avec sa planche en bois), à la disposition des populations. L’eau de captage coulait en permanence et approvisionnait le village en eu potable. Les réserves des deux bacs servaient de réserve aux pompiers pour circonscrire les sinistres. Le réseau de distribution actuel a été installé en 1941.
Devant la Mairie, le monument aux morts en granit gris de Senones a été érigé après la première guerre mondiale et mentionne sept noms de victimes de le Grande guerre, et deux de la guerre de 39-45 (en effet, hasards de l’Histoire, le village a été relativement épargné lors du dernier conflit mondial alors que toute la région était dévastée et que la vallée du Rabodeau compte près de 1000 déportés)

En 1935, à l’initiative de l’abbé Jacquemin, curé de l’époque, une grotte votive fut édifiée sur le chemin de la paroisse par des bénévole à l’aide de dons de la population pour acheter les moellons taillés de granit gris. Le terrain fut donné par le Maire, Charles Bastien, et est censée rappeler la grotte de Notre Dame de Lourdes. Elle était à l’origine éclairée par l’électricité. De nombreuses processions, furent menées pour épargner le village de la guerre et de ses atrocités. Le peu de victimes fut considéré alors comme un véritable miracle par les habitants du village qui y apposèrent en 1940, une plaque en signe de reconnaissance.

Le Mont et ses décideurs :
Se sont succédés à la Mairie de Le Mont depuis près d’un siècle, Charles Bastien, Henri Colin, René Bastien, Jean Urbain, jusqu’au Maire actuel, depuis 2008, Maryvonne Arnoux-Bau, assistée de son premier adjoint, Pierre Herriot et de la secrétaire de Mairie, Monique Beck.
Le village fait partie, à l’instar de 13 autres villes et villages, de la Communauté de Communes du Pays de Senones, ville située à 5 kilomètres dans la Vallée des trois Abbayes (Senones, Moyenmoutier, Etival, pour mémoire).
Pour ses enfants, il adhère au Syndicat intercommunal des Hauts de Salm, et participe au Syndicat intercommunal du Pays de Senones (collecte des ordures ménagères, gestion de la déchèterie de Moyenmoutier,…)
Le Mont est un village serein face à son avenir. Grâce à la beauté du site, la région attire le tourisme, et une partie des anciennes fermes se voit transformée en habitations secondaires. La mise en valeur à des fins touristiques notamment de la côte du Mont est une des voies ouvertes aux décideurs pour valoriser l’identité locale, le patrimoine bâti typique à forte identité et bien préservé. Le village repose aussi de grands espoirs dans les projets et réalisations en cours dans les villes proches de Senones, Moyenmoutier, Raon l’Etape et Saint Die.
La présentation du village a été préparée par un habitant, (HG) et remis à jour en mars 2011. N'hésitez pas pour toute information complémentaire à contacter directement la mairie : mairielemont.88@orange.fr


Office de Tourisme Pays des Abbayes 18, place Dom Calmet 88210 SENONES - Tel : 03.29.57.91.03 - Fax : 03.29.57.83.95